Coq de Combat

Une fois n’est pas coutume, je m’attelle à la lourde tâche de vous présenter un nouveau manga, afin de vous permettre de découvrir encore et toujours plus d’œuvres pour compléter votre bibliothèque.
Aujourd’hui, coup de projecteur sur un seinen que j’affectionne tout particulièrement : Coq de Combat (“Shamo” dans sa version originale…et pas Chameau…ok je sors…).

Ce manga n’est plus tout jeune puisque né en 1998, mais a été publié jusqu’en 2015 notamment dans le magasine de l’éditeur japonais Kodansha. Cette longévité s’explique par les 34 tomes de la série mais pas uniquement. L’œuvre a en effet vu sa publication stoppé un temps entre 2007 et 2011 suite a un différent entre le dessinateur Akio Tanaka et le scénariste Izo Hashimoto.
Le premier reprochait au second de n’avoir donné que des trames de scénario et d’avoir inventé la plus grande partie de l’histoire tout seul, étant ainsi en quelque sorte le vrai scénariste de l’œuvre.

Suite à ce désaccord, c’est Akio Tanaka qui poursuivra seul la création des tomes suivant le procès, à savoir du 25e volume au 34e tome clôturant la série.

Le scénario en question nous emmène suivre l’histoire de Ryo Narushima, un jeune lycéen de 16ans, incarcéré en prison pour le meurtre de ses parents.
Jeune perturbé et dérouté, il se retrouve alors dans un univers de virilité et de violence absolue où seule la loi du plus fort compte.
Humilié, frappé, violé, toute la palette des sévices carcérales lui tombe dessus sans qu’il n’y ait été préparé. A bout, Ryo n’est plus que l’ombre de lui même.

Mais sa rencontre avec un autre détenu va changer sa vie : il s’agit de Kenji Kurokawa, détenu politique pour avoir tenté d’assassiner le premier ministre.

Son visage est celui d’une bête féroce, et son regard inspire la crainte. Expert en karaté okinawaien, ce dernier voit dans les yeux de Ryo la trempe du combattant qui n’a pus rien à perdre et va faire découvrir au jeune homme des méthodes efficaces en combat pour faire face à ces agressions.
Il ne s’agit pas d’apprendre ici des techniques esthétiques et subtiles, mais bien de coups efficaces et redoutables.
Pour Ryo, c’est l’occasion de devenir un véritable coq de combat, prêt à tout pour survivre.

Et cette transformation sera radicale, tant physiquement que psychologiquement. Le jeune homme perturbé est devenu un homme sûr de sa capacité à se défendre et au regard très cynique sur la vie. Lors de sa libération, il forgera son Karaté au grès de ses expériences et de ses rencontres. Mais coupé de tout et rejeté par la société, il fera tout pour vivre, tel un chien acculé qui refuse de mourir.

Tantôt prostitué, tantôt à la botte de la mafia, Ryo va côtoyer le milieux underground avec sa rage de vaincre en mettant sa fierté de côté. Vivre est le maître mot. Ce chemin l’emmènera jusqu’au Tokyo Dôme, où ses talents de combattant le feront briller sur les rings de “lethal fight”, sorte de K-1 d’où seuls les plus fort sortent.

Vrai seinen de combat, mais aussi satyre de la société moderne, Coq de combat est une œuvre à la fois incroyable et déroutante. On y observe un Ryo Narushima concentré sur sa survie et pourtant si fort à la fois, prêt à vendre son corps pour continuer à avancer.
Un régal que je recommande à tous ceux qui aiment les arts martiaux et les histoires profondes, mais attention par moment, les scènes pourraient heurter certaines sensibilités.

 

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